En mars 2024, l’intrusion de près de 150 militants activistes sur le site de Pierre-Bénite d’Arkema situé près de Lyon et classé SEVESO a mis en lumière un large spectre des problématiques sûreté auquel le secteur de l’industrie pouvait faire face. Manifestations, intrusions, dégradations, mise en danger des employés et des populations environnantes… autant de risques auxquels le site a été exposé, avec des répercussions potentiellement catastrophiques.
Quelle législation pour lutter contre ces actes malveillants ?
Si le cas du site de Pierre Bénite d’Arkema détonne, c’est par l’ampleur de l’intrusion, mais en réalité celle-ci s’inscrit dans la longue liste des actes malveillants sur site dont sont victimes des groupes industriels de toutes tailles. Une étude datant de 2015 comptabilisait près de 850 actes de malveillances sur sites industriels en France entre 1992 et 2015. Et pour cause : à l’exception des PIV (Points d’Importance Vitale), des sites SEVESO, des centres d’enseignement ou encore des centres commerciaux, l’immense majorité des sites n’a aujourd’hui aucune contrainte règlementaire (donc aucune orientation) en la matière.
Pour faire face à cette dynamique et consciente de la sensibilité de certains sites touchés, l’UE cherche toutefois à s’armer juridiquement avec l’élaboration de la Directive sur la résilience des entités critiques (REC) qui en est encore au stade de l’implémentation en France à travers le « projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité ». Nous y consacrerons un article complet lorsque les implications concrètes seront précisées, mais pour l’heure, affaire à suivre.
Des efforts déployés sur la sécurité… mais quid de la sûreté ?
Présente aux côtés des acteurs de l’industrie au salon SEPEM de Grenoble, Trinity a eu l’occasion d’échanger avec nombre d’entre eux et a constaté que si une grande attention était portée à la sécurité (celle-ci faisant l’objet d’une règlementation bien ancrée et très complète), la sûreté était, elle, nettement moins prise en compte dans la stratégie des industriels, voire inexistante. Pourtant ces nombreuses entreprises aux profils très variés, du fraisage à l’impression 3D en passant par la robotique, utilisent et/ou conçoivent des appareils et pièces sensibles voire stratégiques à haute valeur ajoutée. Difficile de protéger un trésor lorsqu’on n’en connait pas sa valeur et que la législation ne vous oriente pas, sauf à en faire une expérience malheureuse.


